Le Belchou méritait bien un baiser

Le 28/11/2021 0

Dans Randonnée

Le mois de novembre est idéal pour explorer ce massif forestier. Les arbres ont déjà pas mal perdu leurs feuilles offrant ainsi un peu de visibilité et surtout l'absence de neige au sol étant cruciale pour éviter de nombreux pièges .

Belchou et Zabozé, 2 enfants de Pyrène que tout oppose, pourtant se tenant par la main. Le Belchou aime se faire admirer de loin avec ses formes généreuses et verdoyantes. Le Zabozé très discret, préfére se cacher dans la forêt des Arbailles (qui soit dit en passant est un admirable terrain de jeu pour l'autre enfant de Pyrène que je suis), qui avec son versant nord et sombre nous permettra d'atteindre son sommet repère des vautours aimant s'élancer coté versant sud abrupt permettant de contempler cette forêt de hêtres. Aller au-delà ? C'est se perdre corps et âmes dans le royaume des Laminak et Sorginak. Donc à partir du Zabozé la rando ne ressemblera à aucune autre jusqu'à ce que l'on trouve une piste qui nous permettra de retrouver à nouveau la lumière et la civilisation. Parcours très différent, souvent à vue et avoir un bon sens de l'orientation où il faudra rester groupé. Itinéraire parcouru maintes et maintes fois et toujours différent. AVOIR UNE AME DE BARROUDEUR ET D'AVENTURIER SERAIT UN PLUS car ne comptez pas sur ces petits êtres surnaturels pour vous sortir de cette vieille et originelle forêt encore intacte.

 

Voila, le ton était donné dès l'inscription d'autant que cette rando était annoncée qu'elle n'allait ressembler à aucune autre et aussi être estampillée de troisième type. Mais alors pourquoi traverser ce massif forestier, y passer 6h, faire 850m de D+ pour atteindre le Belchou en passant par les pics de Zabozé , d'Harrixurri et une belle descente dans le ravin d'Arrozkoako ? Certes j'aurais pu choisir la solution de facilité puisque nos véhicules se trouvaient à 20 minutes du sommet et à peine plus de 100m de dénivelé positif. ALORS POURQUOI ?
Eh bé pour ce qui suit et peut être un baiser.


La rando débutait par une matinée douce pour la saison, une jolie brise soufflait, un soleil pâlichon au dessus d'un ciel laiteux. Il fallut tout d'abord contourner le Pojlé de Zabozé, vaste dépression verdoyante, puis attaquer franchement les premiers contreforts d'un sommet sans nom. Hors sentier où seulement quelques cairns ici ou là nous montraient la direction à suivre. Ici c'est les quatre membres qui furent mis souvent à contribution en s'aidant des nombreux rochers et arbres qui se trouvaient sur notre passage. Après l'avoir atteint, on suivit une ligne de crête peu visible en direction d'une autre qui devait nous amener au pic de Zabozé. Là, le terrain devenait plus coquin et malicieux. En effet, là où on cheminait, on y trouve toutes les formes de relief qui constituent un karst et au plus profond de cette forêt, sous nos pieds, se trouve de vastes lapiaz très souvent recouverts de végétation, des effondrements et des failles au bords effilés. Alors chaque pas étaient posés avec attention et précaution d'où une concentration de tous les instants. Avant de gravir le pic de Zabozé, on effectua un petit contournement de sa base sommitale au pied d'une falaise exposé Est - Sud dont le sommet se trouve une vingtaine de mètres au dessus de nos têtes. Une petite et courte escalade au milieu d'une végétation omni présente nous permit d'atteindre le point culminant de la journée. Là haut, trois gros cairns nous attendaient ainsi qu'un panorama s'étalant de Bayonne jusqu'au pic d'Anie nous offrant par la même occasion une jolie perspective et un bel horizon sur de nombreux sommets biens connus des trois provinces françaises de l'Euskadi. Ensuite tout était une question de feeling, têtes et jambes étroitement liés et en aucun moment l'esprit et les pieds ne devaient se permettre la moindre fantaisie et infinitésimal écart de conduite pour ne pas renouveler les mêmes erreurs et frayeurs dont je fus l'auteur deux ans plus tôt à quelques heures près et qui auraient pu m'être fatales dans ce dédale parfois inextricable écueils pouvant se transformer facilement en cercueil. Heureusement, ce jour là, pour moi et mes amis, la "trace" observée depuis le sommet du Zabozé s'avéra être la bonne. Le pic Harrichourri fut passé dans la plus grande indifférence tellement le lieu et l'ambiance ne se prête pas d'y musarder et ce n'est que vers 12h40 que l'on sortit de cet "enfer" vert pour casser une croute bien méritée dont les estomacs de certains criaient famine depuis un moment. Courte pause car les corps se refroidissaient rapidement. La piste qui nous narguait au loin et qui devait nous ramener à la civilisation savait bien que l'on n'en avait pas fini d'en gentiment baver. Il fallait bien replonger dans cette forêt et quoi de mieux qu'un ravin pour nous sortir de là. Le modeste cayolar d'Arrascoua fut notre porte d'entrée dans le secteur de Guilhmberro . Certes le relief était moins confus et tourmenté, quelques points bleus apparaissaient ici puis disparaissaient là définitivement mais qui occasionna encore quelques glissades et chutes qui jalonnèrent et émaillèrent notre parcours et qui furent légion tout au long de la rando sans gravité je précise. Une fois après avoir atteint le fond du ravin d'Arrascoua, on dénicha d'abord une sente puis une piste datant de l'âge du bronze bordé de petits gouffres pour enfin poser les pieds sur quelques chose qui devait être notre salut, une vraie et large piste et ainsi retrouver la lumière qui était supposée nous guider sur les pentes du Belchou. Ouf tout était bien qui finissait bien.
Le Belchou, par sa forme mais pas que, méritait bien un BAISER
Gros merci à Bernadette, Carolyne, Didier, Evelyne, Frédéric, Raphael et Véronique qui m'ont accompagné et surtout fait confiance car c'était pas gagné d'avance.

 

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